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Histoire
La lutte pour la paix
L'Angola est la dernière colonie portugaise à accéder à l'indépendance. Les Angolais ont lutté pendant 14 ans contre le colonialisme portugais, et le 11 novembre est marquée dans les annales de ce pays, car il symbolise la date de sa libération. Le pays a, peu après son indépendance en 1975, traversé de dures périodes marquées par une longue guerre fratricide qui a duré jusqu' au premier trimestre de 2002.
Si nous faisons allusion à l'éclosion des mouvements de libération en 1961, notamment le Mouvement Populaire pour la Libération de l'Angola (MPLA, actuellement au pouvoir), le Front National pour la Libération de l'Angola (FNLA) et l'Union Nationale pour l'Indépendance Totale d'Angola (UNITA, dirigée par Jonas Savimbi), l'Angola est déchiré par un conflit interne vieux de 38 ans. L?Union pour l?Indépendance Totale de l?Angola (UNITA) dont le leader est mort le 22 février 2002 était devenu, un grand facteur dans la destruction humaine en Angola, provoquant la faim et la terreur à des milliers de civils dans tout le pays.  | | | Antonio Agostinho Neto, leader de la lutte de libération en Angola | | |
Parmi ces trois mouvements de libération, seul le MPLA fut reconnu en 1964 par l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) comme le seul capable de combattre le colonialisme portugais en Angola et y prendre le pouvoir. En effet, le MPLA fut le premier mouvement bien organisé et plus actif en Angola. Aussitot que l'Angola fut proclamé indépendant, l'OUA a reconnut la légalite du Gouvernement d?Antonio Agostinho Neto, premier président angolais, qui proclama l'indépendance angolaise, le 11 novembre 1975.
Mais, appuyés par des pays africains, notamment l'ex-Zaire, actuel (Congo démocratique), du temps de Mobutu Sese Seko, et certaines grandes puissances du monde, le FNLA et l'UNITA ont engagé une guerre sanglante contre le MPLA, sous prétexte de combattre l'idéologie socialiste de ce dernier.
Dictatures et puissances unies
La libération de l'Angola du joug colonial a révolutionné d?autres mouvements similaires dans le continent africain, tels que la SWAPO (Organisation du peuple du sud-ouest africain) en Namibie et l'ANC (Congrès National Africain) en Afrique du sud. Les deux mouvements ont lutté contre les racistes sud-africains sous le régime d'apartheid.
Une année après l'indépendance, des forces militaires venues de l'ex-Zaire et de l'Afrique du sud ont envahi le territoire angolais pour soutenir le FNLA et l'UNITA. C'est alors que Neto a fait appel à Cuba qui a envoyé une aide militaire et logistique, dont il avait besoin. Grâce aux cubains, le MPLA réussit, en 1976, à vaincre le FNLA, repousser l'offensive de l'ex-Zaire et à fragiliser l'UNITA. | |  | | Des civils innocents massacrés en 1985 à Calomboca par des soldats de Savimbi | | |
Plusieurs pays, tels que l'Iran, la France, l'Arabie Saoudite, le Maroc et, une nouvelle fois, l'ex-Zaire, ont soutenu l'UNITA en ravitaillant ses militaires. En 1979, l'Afrique du sud, aussitôt après la nomination de Pieter Botha, comme premier-ministre sud-africain, s'est joint à eux pour le même objectif.
Deux ans plus tard, Ronald Reagan fut élu président des Etats-Unis d'Amérique. Il a beaucoup aidé le mouvement de Savimbi qui, à cette époque, disposait d'une force armée très forte, même si la communaute internationale savait que son idéologie était maoiste et qu'il violait systématiquement les droits de l'homme. Ainsi, l'UNITA a réussi à occuper arbitrairement presque les trois tiers du territoire angolais.
Negociations
Agostinho Neto est décédé le 10 septembre 1979. Son successeur, José Eduardo dos Santos, n'est pas parvenu d'emblée à anéantir la Résistance de l'UNITA. Des pressions de plus en plus croissantes sur les Etats-unis d'Amérique pour condamner le régime d'apartheid en Afrique du sud ont persuadé le monde que les négociations étaient l'unique solution pour empêcher les conflits de s'internationaliser.
C'est pourquoi, en juin 1988, l'Ile de Governador (New York) est entrée dans l'histoire. Elle avait réuni, sous la médiation des Etats-Unis, les répresentants des gouvernements d'Angola, de l'Afrique du sud et de Cuba. Le retrait des troupes cubaines et sud-africaines d'Angola fut le principal thème dans les négociations entre le Gouvernement angolais et l'UNITA.  | | Les accords de Gbadolite ont été les premières négociations de la paix angolaise suivies de plusieurs autres tentatives | | |
De cette réunion dépendait également la définition, par l'Afrique du sud, de la date de l'indépendance de la Namibie. Heureusement, les soldats étrangers quittèrent l'Angola selon un calendrier préalablement établi et la Namibie devint finalement indépendante en mars 1990. Ces faits démontrent bien le rôle joué par l'Angola dans la libération namibienne et postérieurement dans la chute du régime d'apartheid en Afrique du Sud.
C'est alors que des négociations ont commencé à résoudre les conflits internes. Pour l'Angola, les négociations avaient commencé par le sommet de Franceville (Gabon), en octobre 1988, suivi d'une réunion des huits chefs d'Etats africains à Luanda. Ces rencontres avaient crée des conditions pour que le sommet de Gbadolite (Congo democratique ou ex-Zaire), ait lieu en juin 1989. Malgré la bonne volonté du Gouvernement angolais et des huit chefs d'États d'accomplir leur mission sous la médiation de Mobutu, alors président du Zaire, la complicité du numéro un zairois avec l'UNITA a fait tourner court les mêmes accords. | |  | | Les accords de Bicesse, une nouvelle preuve de la volonté du gouvernement angolais d'obtenir la paix | | |
Deux ans après, les répresentants de l'UNITA et du gouvernement angolais se sont rencontrés à Bicesse (Portugal). Contrairement au sommet de Gbadolite, plusieurs tâches contenues dans les clauses de Bicesse avaient été accomplies par les deux parties en conflit, donnant l'espoir au peuple angolais. Un calendrier fut établi pour la réalisation de premières élections démocratiques en Angola sous la supervision de l'ONU. À cette occasion, le Gouvernement et le parti d'opposition s'étaient convenus de démobiliser leurs forces armées, notamment les FAPLA, force armée gouvernementale d'alors, et FALA de l'UNITA, pour former une armée unique, les Forces Armees Angolaises (FAA).
Les élections
Le gouvernement avait accompli ses tâches, notamment la démobilisation d'une grande partie de ses troupes, estimées à près de 400 mille hommes, et garanti la liberté à tous les partis politiques, en programmant les élections présidentielle et legislative pour september 1992. Durant la campagne électorale, qui avait apporté une accalmie dans le pays, Savimbi affichait une attitude suspecte en révendiquant les attentats qu'il niait avoir perpétrés auparavant et en intimidant la population. Il disait déjà qu'il n?admettrait pas d'autres résultats que ceux de sa victoire aux urnes.  | | | Les élections de 1992 annonçaient un avenir radieux pour la démocratisation du pays | | |
Cependant, Savimbi n'a pas réussi à atteindre son objectif. Le peuple a fait confiance au MPLA. C'est pourquoi, le MPLA avait gagné les élections législatives avec 54 pour cent contre le 34 pour cent obtenus par l'UNITA. A la présidentielle, José Eduardo dos Santos avait gagné son adversaire, soit 50 pour cent contre 40,6 de voix. Selon les accords de Bicesse, au cas où l'un de candidats n'obtenait pas 50 pour cent, les élections devraient se répéter. Mais elles ne se sont plus réalisees, Savimbi ayant prétexté qu'elles étaient frauduleuses, trompant ainsi l'opinion internationale, notamment Margaret Anstee, alors réprésentante spéciale du secrétaire général de l'ONU en Angola.
Le leader de l'UNITA se retira subitement de Luanda pour élire domicile dans la province de Huambo (centre), d'où il ordonna la reprise de la guerre. Les FAPLA étaient déjà démobilisées, les FAA en cours de formation, alors que FALA étaient encore intactes. Leurs objectifs étaient de contrôler complètement le pays ou une grande partie de celui-ci, et, éventuellement, proclamer une république d'Angola du sud.
Résistance populaire | |  | | La population de Luanda a pris les armes pour lutter contre les hommes de Savimbi qui tentaient de s'accaparer de la capitale, aprés les élections | | |
Savimbi fut surpris par la résitance populaire, qui, indignée par la violation des accords de paix, a pris les armes, dans plusieurs villes du pays, pour lutter contre les forces militaires de ce dernier. À Luanda, les affrontements ont été sauvages si bien qu'en un tournemain, les rebelles en furent expulsés. Par vengeance, les bandes de Savimbi se sont multipliées pour massacrer la population civile.
Encouragées par la mobilisation populaire, les FAA ont lancé une offensive de grande envergure contre les rebelles, qui les a avancées vers la victoire finale. Mais les appels internationaux, spécialement ceux des Etats-unis d'Amérique, avaient rétenti pour amener les parties en conflit à de nouvelles négociations. Acculé, Savimbi accepte de s'assoir à la table de négociation pour gagner encore du temps.  | | | Les combats dans les rues de la capitale avaient été intenses et, avec l'aide de la population, l'UNITA a été vaincue | | |
Plusieurs rencontres avaient eu lieu sous les auspices de l'ONU à Namibe (Angola) en 1992, à Addis abeba (Ethiopie) entre janvier et mars de 1993, à Abidjan (Cote d'ivoire) en avril et mai 1993. Toutes ces tentatives ont été vaines. Après la reprise de contact a Namibe, l'UNITA attaqua la province de Uige. Savimbi abandonna les négociations d?Addis Abeba et ordonna à ses soldats d'attaquer la province de Huambo.
Six semaines des accords d?Abidjan s'étaient inutilement perdues quand l'UNITA refusa de signer un accord avec 38 points souscrit par le Gouvernement. Savimbi voulait que l'ONU intervint pendant le cantonnement des FALA et des FAA. Ce qui était contraire aux plusieurs résolutions onusiennes, après les élections de 1992, sur le retrait des troupes de l'UNITA des zones qu'ils occupaient arbitrairement. Entre-temps la guerre s'intensifiait.
Le protocole de Lusaka
| |  | | Lusaka est le troisième grand sommet supervisé par les Nations Unies pour la conquête de la paix en Angola | | |
Les négociations continuaient. Le 20 novembre 1994, Venâncio De Moura, alors ministre angolais des relations exterieures, et Eugénio Manuvakola, alors secrétaire général de l'UNITA, signèrent le Protocole de Lusaka, en Zambie. Ces clauses avaient repris de principaux points de Bicesse restés en suspens.
À noter que le Gouvernement angolais a été reconnu, en mai 1993, par les Etats-unis d'Amérique, en la personne du président Bill Clinton. La guerre froide avait déjà terminé et le monde entier se penchait plus vers la défense des droits de l'homme. Pour réparer les injustices commises par ses prédécesseurs, Bill Clinton avait l'objectif de dissiper toute connotation politique de son pays avec les actes terroristes du mouvement de Savimbi.
Les Angolais espéraient que les nouveaux accords de paix apporterait une paix définitive. Le protocole de Lusaka contenait plusieurs points, principalement la formation d'un Gouvernement d'Union et de Réconciliation Nationales (GURN), la démobilisation des forces militaires des deux parties en conflit, ainsi que l?abandon, par l'UNITA, des zones qu'elle controlait illégalement. Malgré les efforts de la mission de l'ONU, le processus de paix n'a pas abouti aux résultats attendus. Les FAA avaient réduit le nombre de son effectif militaire jusqu'à 70 mille hommes, alors que l'UNITA refusait d'intégrer ses militaires dans l'armée unique.
En decembre 1995, les soldats de Savimbi avaient attaqué la municipalité de Soyo, située dans la province de Zaíre (littoral nord-ouest) et où se trouvent les sièges de plusieurs entreprises petrolières américaines et francaises.  | | | Savimbi et ses hommes continuaient à ignorer les festins de la paix et du gouvernement de réconciliation | | |
Gouvernement de réconciliation nationale
Pour rémedier aux impasses suscitées par l'UNITA dans la recherche de la paix, le Président José Eduardo Dos Santos a jugé bon de former, le 09 avril 1997, le Gouvernement d'Unite et de Réconciliation Nationales (GURN). Cette résolution devrait être appliquée après l?abandon par l'UNITA des parcelles dont elle s'était emparée déloyalement sur le territoire national. Dans le cadre du GURN, Les membres de l'UNITA ont occupé plusieurs postes ministériels dans l'exécutif angolais et occupé 70 sièges au Parlement, vides depuis l'interruption du processus électoral en 1992.
En mars 1998, ses forces avaient massacré plus de 200 civils dans la province de Malange (nord). Entre-temps, ses troupes s'entraînaient, comme l'avait atteste, en aout de 1997, la Mission d'observation de l'ONU en Angola (MONUA).
La même année, Eugénio Manuvakola, porté disparu dépuis la signature du protocole de Lusaka, réussit a s'évader de Bailundo, l'un des quartiers généraux de l'UNITA, situé dans la province de Huambo (centre). Arrivé à Luanda, Manuvakola avait déclaré avoir été détenu et torturé par son chef parce qu'il avait signé les accords, sans prévoir la cession des provinces de Huambo et Bié (centre), et Benguela à l'UNITA. À la même occasion, celui-ci avait également révélé que les soldats de Savimbi se réorganisaient pour reprendre la guerre en Angola. | |  | | Le conflit armé a detruit plusieurs villes, obligeant les habitants à abandonner leurs maisons | | |
Angola dit "assez"
La MONUA avait failli dans sa mission du maintien de la paix parce qu'elle ne s'apercevait pas que Savimbi se servait du cessez-le-feu pour se livrer à la contrebande des diamants et renforcer, avec ses revenus, son potentiel militaire avec des armes sophistiquées, avec l'appui des mercénaires ucraniens, Tutsi (Congolais démocratiques d'origine rwandaise) et sud-africains. Malgré cela, le Gouvernement angolais manifestait toujours sa bonne volonte d'aller à la table de négociations en faisant des concessions.
La guerre a continué jusqu'à ce que le leader guerrier est tombé au combat le 22 février 2002! Après 40 ans de conflit, cinq angolais sur six n'ont jamais connu la paix. Le nombre de morts avoisine un million. Environ quatre millions d'habitants, soit un tiers de la population totale, sont des personnes déplacées de guerre, ayant abandonné leurs zones d'origine à cause des hostilités armées.  | | | The war crippled, mainly because of the anti-personnel landmines, are the living portrait of the Angolan tragedy | | |
L?Angola qui détient un des grands gisements de diamants de la planète, et avec une production de 800 mille barils de pétrole par jour, n?a pas réussi, suite aux actions sans cesse criminelles de la guerrila, de jouir de cette richesse et offrir des meilleures conditions de vie à sa population. Le pays figure à peine comme le 160è sur le plan mondial dans le raking de l?indice de Développement humain.
La paix arrive en Angola
Avec la mort du leader des guerriers, des contacts exploratoires ont débuté, à Luena, à Moxico, entre les forces résiduelles de l?UNITA et les FAA, processus qui a culminé avec la signature, le 4 avril 2002, d?un Protocole d?Entente entre les parties. Le 29 avril de la même année, est intervenue la signature, à Luanda, du document qui a mis définitivement fin à la guerre en Angola et a ouvert les portes pour la reconstruction du pays, la réconciliation de tous les Angolais et la réinsertion sociale de ceux qui, dans le passé, n?ont connu que la guerre. | |  | | L'accolade historique entre le Président José Eduardo dos Santos et Kamorteiro, général de l'UNITA |
Le cantonnement des troupes de l?UNITA, l'incorporation d?une partie dans l'armée nationale, l'installation de la population déplacée de leur terre d'origine, ainsi que l'encadrement social des anciens guerriers sont les principales tâches que le Gouvernement angolais a priorisé, outre la reconstruction des infrastructures économiques et sociales détruites durant la guerre. L'amplitude de ces tâches exigent l'effort de tous les Angolais, outre le concours de la communauté internationale, vu les grandes sommes exigées.
Ainsi, en temps de paix, la lutte des Angolais est de reconstrure le pays économiquement et socialement, et situer l'Angola à la place qu?il mérite, tant en Afrique comme dans le monde.
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