RYAD - L'Arabie saoudite, que des ONG présentent comme l'un des pays qui protège le moins les droits de l'Homme, se soumet vendredi pour la première fois à "l'examen périodique universel" (EPU) devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.
La Commission saoudienne des droits de l'Homme, créée il y a trois ans par le gouvernement, doit plaider à Genève pour la patience et la compréhension pour ses efforts en faveur de nouvelles législations et pratiques dans ce pays ultraconservateur.
Mais les ONG estiment que Ryad n'en fait pas assez. "Depuis des années, l'Arabie saoudite fait des promesses de mieux faire", déplore la directrice de Human Rights Watch (HRW) pour le Moyen-Orient, Sarah Whitson, ajoutant dans un communiqué que "la communauté internationale doit s'assurer que son examen de la situation en Arabie saoudite ne doit pas déboucher que sur des promesses".
L'EPU prévoit un point de la situation des droits de l'Homme dans tous les pays membres de l'ONU une fois tous les quatre ans, donnant la parole aux ONG et au pays concerné.
Au terme du débat, des recommandations sont faites au pays, qui les accepte ou les rejette.
Les ONG ont été toujours virulentes à l'égard du royaume, épinglé pour le rythme élevé des exécutions (102 en 2008 et 153 en 2007) ainsi que pour son système islamique qui interdit aux femmes de travailler, voyager, se marier ou avoir accès aux services médicaux sans l'autorisation d'un membre masculin de la famille.