MAALOULA (Syrie) - Maaloula, bourgade syrienne nichée sur les contre-forts de l'Anti-Liban, est l'un des derniers coins au monde où l'on parle encore l'araméen, la langue du Christ.
"L'araméen est la langue vernaculaire à Maaloula, mais la plupart d'entre nous ne savent pas l'écrire", affirme Ghada Charbit qui suit une formation en langue araméenne pour "devenir enseignante et transmettre cette langue aux nouvelles générations".
L'araméen, ou aussi le syriaque, est une langue sémitique, adoptée par les empires syriaques et par les Perses il y a 2500 ans. Il demeura la langue vernaculaire dans la région durant les époques grecques et romaines, jusqu'à la conquête arabe.
Réputé pour avoir été "la langue du Christ" comme se plaisent à le répéter fièrement les habitants de Maaloula, l'araméen est un dialecte parlé, qui est transmis oralement de génération en génération depuis la nuit des temps.
Au monastère grec-orthodoxe de Sainte Thècle construit au IVe siècle après J-C, la prière se fait en araméen. Le monastère abrite depuis 2003 une école estivale pour l'apprentissage de cette langue.