Washington, - Seize ans après l'infructueuse tentative de Bill Clinton, l'armée américaine pourrait être forcée sous l'ère Obama d'ouvrir officiellement ses portes aux homosexuels, jusqu'ici tenus de garder le silence sur leur orientation sexuelle sous peine d'être renvoyés.
"Les critères-clés pour servir dans les forces armées devraient être le patriotisme, le sens du devoir et la volonté de s'engager. La discrimination devrait être interdite", peut-on lire sur le site du président élu américain, qui s'est engagé à réformer la législation.
Peu après son investiture en 1993, le président Clinton avait ordonné au Pentagone de mettre fin à la discrimination basée sur l'orientation sexuelle lors du recrutement militaire. L'initiative avait été très mal accueillie par l'état-major, l'opposition républicaine et une vaste partie de l'opinion publique américaine.
Une loi de compromis, "Don't ask, don't tell" ("Ne rien demander, ne rien dire"), fut finalement adoptée, permettant aux gays et lesbiennes d'intégrer les forces armées à condition de taire leur orientation sexuelle.
Depuis, 12.500 soldats ont été renvoyés pour avoir évoqué leur homosexualité ou après avoir été dénoncés, dont 800 assumant des fonctions cruciales -- arabophones, personnel médical, pilotes ou agents du renseignement, selon le Réseau de défense juridique des militaires, association qui milite pour la levée de l'interdiction.
Mais les mentalités ont changé et l'heure du "coming out" a sonné, assurent les partisans de la réforme.