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11/09/12 11:22

Canada/cinéma
"Zabana à Toronto", un film "contre le colonialisme" de l'Algérien Ould-Khelifa


    
Toronto - Le 19 juin 1956 à l'aube, un Algérien condamné pour le meurtre d'un colon français était guillotiné. Le bourreau avait dû s'y prendre à trois reprises, la lame de la guillotine s'étant bloquée deux fois. C'est son histoire que raconte Saïd Ould-Khelifa dans un film, "Zabana", présenté à Toronto.

 


L'exécution d'Ahmed Zabana, 30 ans, membre du Front de libération nationale (FLN), "marque le début de la bataille d'Alger", selon le cinéaste algérien.

 


Son film, présenté pour la première fois au festival international de Toronto (au Canada, jusqu'au 16 septembre) sort l'année marquant le cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie (1962).

 


Zabana, interprété avec talent par Imad Benchenni, est le premier des 222 prisonniers algériens guillotinés par les Français pendant la guerre d'Algérie, selon des études historiques, entre 1956 et 1960.

 


"Ce n'est pas un film contre la France ou le peuple français, c'est un film contre le colonialisme", explique à l'AFP Saïd Ould-Khelifa. "Pendant le tournage, j'avais constamment à l'esprit cette phrase qu'Aragon fait dire à Manouchian (ndlr résistant fusillé en 1944) dans son poème L'affiche rouge: +Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand+".

 


Ancien journaliste passé à la mise en scène, Saïd Ould-Khelifa a déjà à son actif trois longs-métrages, dont l'un, "Le thé d'Ania", avec l'actrice Ariane Ascaride, traitait d'une autre guerre, "la guerre contre les civils", comme il la qualifie, qui a ensanglanté l'Algérie dans les années 1990.

 


Pour réaliser Zabana, entièrement tourné en Algérie, le cinéaste s'est inspiré de travaux d'historiens, "surtout ceux de Sylvie Thénault, qui a beaucoup écrit sur la juridiction militaire en Algérie". Il a rencontré des témoins de l'époque, comme Saïd Stamboli, qui vit toujours à Saint-Lucien, le village natal de Zabana, dans l'Oranais, ou Boualem Debah, ancien gardien de prison. Tous deux sont représentés dans le film.

 


Celui-ci commence par le hold up commis par Zabana et ses camarades à la poste d'Oran pour se procurer de l'argent. Les réunions clandestines auxquelles prenaient part de grandes figures de la résistance algérienne, Aït Ahmed ou Ahmed Ben Bella, sont reconstituées.






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