Quito - La mort de "Georges le Solitaire", une tortue géante centenaire, Iarque la fin de son espèce sur l'archipel équatorien des Galapagos, mais aussi un symbole de la lutte pour la reproduction de cet animal, après trois décennies d'efforts menés en vain par des scientifiques.
L'unique survivant de l'espèce "Geochelone Abigdoni", découvert il y a 30 ans sur une des îles de cette réserve naturelle isolée dans l'océan Pacifique, a poussé son dernier soupir dimanche. "Son état de santé était bon (...) Rien ne présageait une telle chose", a confié, inconsolable, Washington Tapia, un biologiste du parc national des Galapagos, dans un entretien à l'AFP.
Les causes officielles du décès de la tortue, dont l'âge était estimé à plus de 100 ans - elles peuvent vivre jusqu'à 180 ans - demeurent pour l'instant inconnues. Le scientifique, qui a étudié "Georges" pendant des dizaines d'années dans ce paradis naturel décrit un "animal spécial, complexe dans son comportement". Seule l'autopsie, qui doit être réalisée cette semaine, lèvera peut-être aussi le mystère sur son âge précis, estimé à un petit siècle.
Seule certitude, il était le dernier représentant de son espèce. "C'est l'extinction totale d'une espèce de plus sur la planète et un message aux êtres humains: ne pas être responsable de ses actions peut avoir des conséquences fatales", a commenté le biologiste. Comment expliquer la disparition de ces tortues ? Selon les experts, ses principaux prédateurs n'étaient autres que les pirates qui écumaient la région durant les XVIIIe et XIXe siècles et en avaient fait l'un de leurs mets de choix.
Après la découverte de "Georges", les scientifiques ont recherché un autre représentant de l'espèce, non seulement dans les Galapagos, mais aussi dans les parcs zoologiques du monde. Sans succès.
En 2008, les chercheurs ont pensé avoir trouvé la solution en repérant dans une île volcanique voisine des tortues femelles génétiquement proches. Mais après 15 ans de cohabitation, les tentatives de reproduction échouent invariablement, même à travers l'insémination artificielle.