Bangkok - Des milliers de réfugiés de la minorité ethnique kachin, qui ont fui les combats dans l'extrême-nord de la Birmanie, vivent en Chine dans des conditions "désespérées", a dénoncé mardi Human Rights Watch, appelant Pékin à laisser passer l'aide humanitaire.
Les combats qui font rage depuis juin 2011 entre l'armée birmane et l'Armée pour l'indépendance kachin (KIA) dans l'Etat Kachin ont forcé plus de 70.000 personnes à fuir leurs villages.
Selon HRW, entre 7.000 et 10.000 d'entre eux ont trouvé refuge dans la province chinoise voisine du Yunnan, où ils vivent dans des camps de fortune, "manquant d'abris adéquats, de nourriture, d'eau potable, d'installations sanitaires, et de soins de base". "Nous sommes face à une véritable crise humanitaire", a souligné Phil Robertson, directeur adjoint pour l'Asie de l'organisation installée à New-York.
La Chine, signataire de la convention internationale sur les réfugiés, n'a "pas fourni d'assistance aux réfugiés kachins au Yunnan, ni permis au Haut-commissariat de l'ONU four les réfugiés ou d'autres importantes organisations humanitaires d'avoir accès à cette population", précise le rapport intitulé "Isolés au Yunnan".
Si le gouvernement chinois a généralement toléré les réfugiés kachins au Yunnan, il doit désormais "respecter ses obligations légales internationales pour s'assurer que les réfugiés ne sont pas renvoyés et que leurs besoins de base sont satisfaits", a ajouté l'organisation.
Le risque, même marginal, d'être renvoyés vers les zones de combats où armée birmane et rebelles sont accusés de violations des droits de l'Homme a "contribué à l'anxiété généralisée" de ces réfugiés sans statut.