Bogota - La découverte d'enfants peints en vert et lestés d'explosifs a suscité un vif émoi en Colombie, où les autorités accusent la guérilla des Farc de recourir à des mineurs pour commettre des attentats suicide.
Une vidéo, diffusée cette semaine par la police colombienne, a mis un visage sur une réalité dénoncée depuis longtemps, celui d'une adolescente découverte, déshydratée, après un affrontement avec la rébellion marxiste dans le nord du pays.
Sur les images, tournées dans la province de Santander (nord), la jeune fille apparaît, blessée à la jambe et à moitié dévêtue, le corps recouvert d'une peinture verte, une technique utilisée par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) afin de les camoufler dans la végétation.
"Elle était dans un état d'anémie grave et paraissait avoir à peine une douzaine d'année", a raconté à l'AFP le colonel Eliecer Camacho, chef de la police dans cette région où est implantée la principale guérilla de Colombie.
Le corps d'un autre adolescent, considéré comme mineur en raison de sa morphologie, a aussi été retrouvé, toujours peint en vert, après qu'il eut actionné un engin explosif lors de cette attaque qui a tué sept policiers. A l'hôpital, la jeune fille, qui compte un cousin dans les rangs des Farc, a confié avoir été recrutée à l'âge de 14 ans, il y a près de quatre ans.
Selon son témoignage, elle aurait suivi un "entraînement inhumain de huit mois". "On les oblige à marcher des heures sans chaussure pour durcir la plante de leur pied. On les prive d'eau et de nourriture pour les rendre plus endurants", a poursuivi M. Camacho.