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22/02/12 08:30

Portugal
Face à la crise, les Portugais se remettent à l'agriculture


AMARANTE (Portugal) - "Un agriculteur ça n'a jamais faim", s'exclame avec fierté le jeune César Teixeira en cueillant des citrons sur les hauteurs d'Amarante, région du nord du Portugal où, en réponse à la crise, ils sont de plus en plus nombreux à produire fruits, légumes et surtout des champignons. Pâtissier la nuit, il consacre ses journées aux kiwis, myrtilles et agrumes qu'il cultive sur les terres de ses beaux-parents depuis un an et demi.

 


"Mon but est de créer mon propre emploi et, quand l'exploitation atteindra tout son potentiel, j'abandonnerai mon autre métier pour être agriculteur à plein temps", dit le jeune homme de 25 ans, convaincu que sa génération "va pousser l'agriculture à son maximum et en faire un moyen de subsistance pour le Portugal".

 


Dans la construction et l'hôtellerie, filières qui faisaient jusqu'ici tourner l'économie locale, "les voies sont bouchées pour les jeunes", explique ce campagnard à l'enthousiasme débordant, en passe de s'associer à d'autres producteurs pour se lancer dans l'exportation.

 


A 36 ans, Pedro Catao vient lui aussi de se découvrir une vocation d'agriculteur.

 


Frappé de plein fouet par la suspension des grands travaux publics, conséquence de la politique de rigueur menée par le gouvernement en échange d'une aide financière de l'UE et du FMI, cet entrepreneur a dû abandonner son affaire de grossiste en matériel de construction.

 


S'il garde encore, "surtout pour des raisons sentimentales", le magasin d'outils et ferrailles hérité de son père, son avenir professionnel passera par la production de champignons. Avec les pleurotes et les shitakés qu'il compte bientôt écouler vers l'Espagne, la France et l'Allemagne, M. Catao espère faire un bénéfice annuel de 10 à 12.000 euros d'ici 2015, de quoi s'assurer "un revenu supplémentaire" et créer autant d'emplois qu'il en a supprimé dans le BTP.

 


"La crise nous est tombée dessus comme un coup de massue, mais la construction ne sera plus jamais ce qu'elle a été", reconnaît-il. Dans un contexte de récession économique et de tarissement du crédit bancaire, ce nouvel engouement pour l'agriculture serait impossible sans les aides européennes qui permettent aux nouveaux agriculteurs d'investir jusqu'à 75.000 euros quasiment sans capitaux propres.

 






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