BERLIN - Juste avant la Saint-Valentin, la Berlinale a livré cette semaine deux visions désenchantées de l'amour, par de jeunes réalisateurs mêlant fiction et documentaire.
"Beziehungsweise" (en anglais "Negociating Love"), de l'Allemand Calle Overweg, et "What is love ?" de l'Autrichienne Ruth Mader sont présentés dans le cadre du "Forum international du nouveau cinéma", la section avant-gardiste du festival.
Ces deux productions, mi-films mi-documentaires, s'attachent à des personnages banals, pris dans des problèmes prosaïques.
Une ophtalmologiste célibataire, un conseiller financier et son épouse qui ne savent plus s'ils sont un couple ou s'ils ne font que vivre ensemble, ou encore une ouvrière et mère de famille, tâchant de concilier ces rôles malgré des horaires de nuit, composent quelques un des portraits offerts par l'Autrichienne Ruth Mader, habituée des sélections parallèles de grands festivals de cinéma.
Ces cinq vignettes contemplatives, "désacralisent" l'amour et le bonheur "bien trop souvent traités dans les arts, et au cinéma en particuliers, sous l'angle de l'extase et des drames sentimentaux, des crises et des conflits, de l'avidité et de la violence, de la passion et de la sensualité", estime le philosophe Konrad Paul Liessmann dans le dossier de presse du film.
"C'était dès le départ très important pour moi de partir du quotidien. Je voulais montrer des gens tout à fait normaux, justement parce qu'on prête habituellement si peu d'attention à ces gens", a expliqué la réalisatrice, âgée de 37 ans.