Mexico - Les saisies de produits chimiques permettant la fabrication de drogues de synthèse se multiplient au Mexique et en Amérique centrale, illustrant selon experts et autorités la mutation des trafiquants de ces régions de transit de la drogue destinée aux Etats-Unis en producteurs.
Au Mexique, nous constatons "un virage dans les activités des organisations criminelles, qui se tournent vers la production de drogues synthétiques", soulignait récemment le général Ricardo Trevilla, porte-parole de l'armée mexicaine, dans un rapport transmis à la presse.
Si les autorités mexicaines n'ont pas publié de chiffres sur la production, on constate que les saisies de drogues de synthèse et de produits chimiques nécessaires à leur production se multiplient, de même que les découvertes de laboratoires clandestins, alors qu'auparavant les activités narcotiques des cartels étaient limitées à l'acheminement de la cocaïne vers les Etats-Unis.
Entre 2001 et 2006, l'armée n'avait découvert au Mexique que 10 laboratoires consacrés à la production de drogues synthétiques. Mais depuis 2006, ce sont 646 laboratoires, plus de 45 tonnes de méthamphétamine et 13,5 millions de pastilles psychotropes qui ont été saisis, selon le général Trevilla.
En outre, au cours de l'année 2011, le Mexique a intercepté plus de 1.200 tonnes de produits chimiques destinés à la fabrication de drogues de synthèse de type amphétamine, parmi lesquels de la monométhylamine, un précurseur chimique dérivé de l'ammoniaque.
"Les drogues synthétiques représentent une opportunité très attractive pour les organisations criminelles parce qu'à la différence des drogues naturelles, elles peuvent être produites n'importe où, une fois que l'organisation a accès aux précurseurs chimiques et à un savoir-faire de base", explique à l'AFP Antonio Mazzitelli, directeur de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour le Mexique, l'Amérique centrale et les Caraïbes.