WASHINGTON - Plus inébranlables que jamais dans leur opposition à Barack Obama, les républicains du Congrès, qui rêvent de le détrôner à la présidentielle de novembre, ont accueilli froidement le troisième discours sur l'état de l'Union du président.
Assis pendant plus d'une heure sous les lambris de la Chambre des représentants, ils ont écouté le président leur parler d'une économie où les règles seraient les mêmes pour tous et où chacun paierait sa "juste part", une vision qu'ils ne partagent pas. Si certains élus avaient choisi de siéger aux côtés de collègues de l'autre bord, l'ambiance n'était pas à la camaraderie.
Arrivé légèrement en retard, peu après 21H00 (02H00 GMT), M. Obama a reçu un applaudissement nourri, mais pas à tout rompre. Comme pour retrouver un peu de l'esprit bipartite --introuvable au Congrès depuis des mois-- il a embrassé la représentante démocrate Gabrielle Giffords, qui a reçu un soutien unanime de ses collègues après avoir été grièvement blessée dans une fusillade l'an dernier.
Le discours du président a reçu plusieurs ovations debout des démocrates, tandis que les républicains restaient assis. Dans la grande salle des Statues, à deux pas de la Chambre des représentants où le président Obama a prononcé son discours, les journalistes ont installé caméras et projecteurs. Vers 22H30 (03H30 GMT), les élus sont sortis et les micros se sont tendus.
"C'était un discours de campagne typique", a lancé James Lankford, un jeune républicain élu à la faveur de la vague conservatrice lors des élections de novembre 2010. "J'ai été surpris de voir à quel point l'accent était si peu mis sur la dette nationale", a-t-il dit à l'AFP. De son côté, la représentante Cathy McMorris-Rodgers s'est déclarée "déçue de voir à quel point cela (le discours) a été une répétition des politiques qu'il (le président) a défendu dans le passé et qui ont échoué".