MANILLE - L'armée philippine a annoncé mercredi l'ouverture de ses archives sur les années les plus noires de la dictature de Ferdinand Marcos (1966-1986) au cours de laquelle des milliers d'opposants ont disparu.
Les documents déclassifiés concernent la décennie de la loi martiale (1972-1981), période la plus sanglante de l'ère Marcos et de son régime militaire.
Ils seront remis à la commission des droits de l'Homme, présidée par Loretta Ann Rosales, a précisé le ministre de la Défense Voltaire Gazmin, officier supérieur pendant la dictature.
L'armée ouvre ses archives "pour servir l'Histoire (...), permettant de lancer un processus de cicatrisation fondé sur la vérité, la transparence, l'équité et la justice", ont écrit M. Gazmin et Mme Rosales dans un communiqué commun.
Cette annonce marque le 39e anniversaire de l'instauration par Ferdinand Marcos de la loi martiale et de la suspension du Congrès, au nom de la menace communiste.
Marcos avait profité de la loi martiale pour régner en dictateur et emprisonner de nombreux opposants, dont Benigno "Ninoy" Aquino, assassiné en 1983 à son retour d'exil. Sa veuve, Corazon Aquino (décédée en 2009), a été élue présidente après avoir conduit la révolution populaire de 1986 qui renversa Marcos.