Rome- En se séparant avec éclat de son allié Gianfranco Fini, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi pourrait bien avoir marqué "un but contre son camp" et mis en péril sa majorité, estimaient samedi les experts, qui n'excluent pas l'organisation d'élections anticipées.
"Les chiffres semblent donner raison à Fini et tort à Berlusconi", analyse Angelo Panebianco, du Corriere della Sera, au lendemain de la décision de 32 députés proches de Fini de quitter le parti au pouvoir et de créer un groupe autonome, après les violentes attaques de Berlusconi contre le président de la Chambre des députés.
Alors qu'il disposait depuis deux ans d'une confortable majorité au Parlement, le président du Conseil devra désormais composer avec "des marges de manoeuvre trop étroites, une navigation parlementaire semée d'obstacles", souligne l'éditorialiste.
Selon plusieurs médias italiens, le bouillant chef du gouvernement, 73 ans, a pris seul la décision de partir à l'attaque contre son allié récalcitrant, contre l'avis de ses plus proches conseillers.