VIENNE - Plus de 1.000 personnes sont exécutées chaque année dans le monde pour des crimes liés à la drogue, révèle lundi dans un rapport une Organisation non-gouvernementale (ONG), l'International Harm Reduction Association (IHRA).
Ce rapport a été rendu public à l'occasion de l'ouverture lundi à Vienne de la XIXème session de la Commission de l'Organisation des Nations Unies (Onu) sur la prévention de la criminalité et les procédures judiciaires.
"Des centaines de personnes sont exécutées chaque année pour des crimes liés à la drogue, plus de 1.000 personnes si on tient compte des pays qui ne publient pas de statistiques sur l'exécution de peines de mort", estime l'IHRA, qui demande "un moratoire immédiat de suspension de l'application de la peine de mort".
D'après l'ONG, qui travaille essentiellement sur la base d'informations de presse et d'informations émanant d'autres ONG, pour quatre pays -- la Corée du Nord, l'Irak, la Libye et le Soudan -- les statistiques sur les exécutions capitales sont rares ou inexistantes.
Selon un des co-auteurs du rapport, Rick Lines, "les pays qui appliquent la peine de mort pour la criminalité liée à la drogue ne violent pas seulement les droits de l'Homme, mais elles participent d'un modèle judiciaire pénal inefficace et donc inutile".
La criminalité liée à la drogue, principalement la fabrication et le trafic, est sanctionnée de la peine de mort dans 32 pays, prinicpalement en Asie et au Moyen-Orient, indique l'ONG, qui cite la Chine, la Malaisie, Singapour, le Vietnam, l'Iran et l'Arabie saoudite. Dans ces six pays, les exécutions font partie de la routine: ainsi 172 personnes ont été exécutées en 2009 en Iran et au moins 50 en Malaisie.