PARIS - Ses hommes sont architectes ou moines, ses femmes des déesses "fières, fortes, affirmées": à 28 ans, le styliste croate Damir Doma qui présente sa première collection féminine mercredi soir, veut offrir tout un univers sensible et esthétique, "pas seulement des fringues". Il s'est fait une place dans l'univers de la mode en présentant depuis trois ans déjà des collections de mode masculine sous son nom.
Les hommes d'abord, parce que c'est sa formation - il a travaillé trois ans avec le Belge Raf Simons, l'un des créateurs les plus pointus dans ce domaine. Mais aussi parce que, de façon intuitive, il a commencé à concevoir des vêtements pour lui. "Une veste, je l'enfile, je vois comment je me sens dedans. Pour les femmes, je dois me contenter d'imaginer, je ne peux pas sentir".
Petites lunettes rondes à la John Lennon, regard clair et cheveux mi-longs coupés de manière irrégulière lui donnent des airs de doux rocker. Vêtu de gris/noir de la tête aux pieds, il est à la fois sophistiqué et décontracté. Des volumes amples, des coupes confortables, branchés mais sans ostentation.
Dès ses deux premières collections homme, la moitié des clients étaient des femmes. "Les mecs sont parfois un peu lents. Si vous leur proposez une esthétique un peu nouvelle, il leur faut au moins 2 à 3 saisons pour prendre le train en marche. Les femmes percutent plus vite".
Sur le plan commercial, le jeune homme, qui fait déjà travailler une trentaine de personnes, s'en sort plutôt bien. "Presque 85% de ma dernière collection avaient été vendus avant la période des soldes", se réjouit-il. En deux ans, il a réussi à placer ses vêtements dans une centaine de magasins, principalement en Europe et en Asie, notamment au Japon. Ses prix vont de 220 euros le T-shirt à plusieurs milliers d'euros pour un manteau. Il développe aussi une deuxième ligne, moins chère et entièrement bio, Silent.