New Delhi - En allant passer une échographie, une Indienne enceinte n'aura pas le droit de connaître le sexe de son bébé mais la facture qu'elle recevra pourra être glissée dans un dossier... bleu ou rose, ne laissant aucun doute sur la signification.
Cette façon de contourner la loi explique en partie pourquoi 85 millions de femmes sont portées "manquantes" en Inde et en Chine, deux pays où l'avortement de foetus féminin, l'infanticide et la mort de filles par négligence restent monnaie courante.
Pour une femme enceinte attendant désespérement un garçon, une enveloppe rose pourra entraîner un avortement dans une clinique où l'opération sera souvent justifiée sous couvert d'"anormalité foetale".
"L'infanticide selon le sexe est une réalité quotidienne que l'on soit riche ou pauvre, d'un milieu rural ou urbain", affirme Pinki Virani, responsable d'une association de défense pour le droit des femmes en Inde. Le terme de "femmes manquantes" a été la première fois évoqué en 1990 par l'Indien Amartya Sen, prix Nobel d'Economie.
Selon un rapport du programme sur le développement des Nations unies la semaine dernière, 100 millions de femmes sont portées "manquantes" dans toute l'Asie, surtout en Inde et en Chine mais aussi au Bangladesh, en Iran et au Pakistan. Selon des experts médicaux, le ratio normal à la naissance devrait être de 103-107 garçons pour 100 filles. Mais en 2005, date des derniers chiffres disponibles, 119 garçons naissaient pour 100 filles en Chine.