Montevideo - Le carnaval le plus long d'Amérique latine n'a pas lieu à Rio mais à Montevideo, en Uruguay, avec pour clou du spectacle le défilé des "llamadas", des tambours jouant du "candombe", un rythme d'origine africaine qui est à l'Uruguay ce que la samba est au Brésil, la conga et la rumba à Cuba.
Le candombe, moins connu que ces cousins germains, vient d'être déclaré patrimoine immatériel de l'Humanité par l'Unesco en septembre. Il appartenait autrefois aux esclaves africains amenés de force en Uruguay au XVIIIe siècle, en majorité de l'aire bantoue, du Congo, Angola ou Mozambique.
Pour la communauté noire, moins de 5% de la population du petit pays de 3,5 millions d'habitants situé entre l'Argentine et le Brésil, c'est une reconnaissance, malgré la persistance des discriminations.
"Le Noir a su s'imposer à la société, c'est très important, cela montre une fois de plus qu'on ne peut pas expliquer l'Amérique sans l'Afrique, sa main d'oeuvre, ses coutumes, sa musique", estime Tomas Olivera Chirimini, historien et directeur de l'ensemble musical traditionnel Bantou.
Les rythmes africains débarquent des navires négriers, puis subissent un métissage, absorbant des éléments de la culture coloniale pour donner le candombe, basé sur le dialogue de quatre tambours. Du plus grave au plus aigu: le bombo (moins utilisé), piano, repique et chico. Jusqu'à l'abolition de l'esclavage, à la moitié du XIXe siècle, il est synonyme de "résistance".