Brest (France) - L'escale forcée de deux ferries poubelles remorqués à Brest après de graves avaries au large du Finistère (ouest de la France) exaspère ceux qui militent contre le commerce de ces navires potentiellement dangereux et s'inquiètent de leur improbable destin.
Au lieu de poursuivre leur route, "l'Onyx et le Pentalina B doivent être remorqués vers la Finlande et la Grande-Bretagne, leurs pays d'origine, ou être démantelés dans des chantiers de proximité", s'indigne Jacky Bonnemain, de l'organisation Robin des Bois.
L'association de défense de l'environnement dénonce le commerce de ces "bateaux de seconde ou troisième main", à l'origine, selon elle, de la mort accidentelle de 19.000 personnes entre 1986 et 2006 dans des pays en voie de développement, moins sourcilleux que les pays riches sur les normes de sécurité.
Tous les ans en Europe, entre 10 et 20 bateaux à passagers sont ainsi exportés "dans des états très divers, selon l'entretien dont ils ont bénéficié", estime Vincent Groizeleau, rédacteur en chef du site internet "Mer et Marine".
Le principe est comparable à celui des vieilles voitures qui finissent sur les pistes d'Afrique quand elles ne satisfont plus les contrôles techniques européens : les coques rouillées sont rachetées à petits prix par des armateurs qui les exportent pour naviguer ou pour les détruire et revendre l'acier.
Dans leur périple, les rafiots empruntent souvent le rail d'Ouessant (au large de la Bretagne, ouest), autoroute de la mer la plus fréquentée du monde, non sans danger pour les équipages, l'environnement et le trafic maritime.