SAJAMA (Bolivie) - Loin de Wall Street ou de la City, les communautés andines de Bolivie ne sont pas à l'abri de la crise et comptent sur une reprise en Europe, leur principal acheteur, pour relancer leurs ventes de la précieuse laine d'alpaga, qui ont chuté ces derniers mois.
Pour dénicher cette fibre, prisée des grands couturiers de Milan ou de Paris pour sa finesse, sa chaleur et sa résis-tance, il faut grimper à 4.400 m d'altitude, à l'ombre du volcan endormi de Sajama, plus haut sommet de Bolivie (6.541 mètres) et antre des "Apus", les dieux des indiens aymaras.
C'est là que s'étend le parc national protégé de plus de 100.000 hectares, où les communautés andines produisent la laine de ce camélidé, cousin du lama et de la vigogne, qui se nourrit d'arbustes locaux (kenua et thola).
Avec l'ouverture au marché mondial, cette pratique ances-trale est devenue la principale source de revenus de cette région isolée, située à 300 km au sud-ouest de La Paz, près de la frontière avec le Chili.
Selon l'institut national de statistiques (INE), le commerce de la laine de camélidés rapporte environ 300 dollars par an (210 euros) au million et demi d'indiens aymaras qui vit sur l'altiplano andin, au milieu de 270.000 alpagas et 2,2 millions de lamas.