Bamako - La rébellion touareg malienne a affirmé avoir pris mercredi le contrôle de la localité de Tinzawaten, dans le nord-est du Mali et frontalière avec l'Algérie, ce qu'a démenti une source militaire malienne.
"Nous avons pris ce mercredi Tinzawaten. Nos forces occupent la ville. Pour les morts et les prisonniers, nous allons vous dire plus tard", a déclaré à l'AFP Mohamed Ag Ghaly, un combattant de la rébellion touareg contacté par téléphone depuis Bamako. "Nous allons poursuivre notre combat, sécuriser nos zones", a-t-il ajouté.
Sous couvert d'anonymat, une source officielle a confirmé la prise de la ville. "Nous avons demandé à nos troupes, par stratégie, d'abandonner leurs positions de Tinzawaten. Il n'y a pas eu de combats, ni morts, ni blessés", a-t-elle affirmé.
"L'une des stratégies actuellement est d'abandonner les positions isolées (...) Nous avons fait de même ce mercredi pour une autre localité", a ajouté cette source sans citer le nom de cette localité. A la mi-journée, un officier de l'armée malienne en poste à Gao (nord-est), avait "catégoriquement" démenti la prise de Tinzawaten.
La localité de Tinzawaten (également orthographiée Tinzaouatène) est située dans le désert à la frontière avec l'Algérie. Elle abrite notamment un camp de candidats à l'émigration clandestine en Europe refoulés d'Algérie ou en attente de départ. Des témoins joints depuis Bamako ont affirmé avoir vu mardi des hélicoptères de l'armée malienne survoler la zone comprise entre Tinzawaten et la ville de Kidal, plus au sud.
Des rebelles touareg se réclamant du MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad), appuyés par d'autres Touareg, ont lancé depuis le 17 janvier une vaste offensive dans le nord du Mali, la plus importante depuis 2009. Ces attaques, qui ont visé plusieurs villes, ont fait de nombreux morts et blessés des deux côtés, chaque camp faisant état de lourdes pertes chez l'adversaire mais leurs bilans sont difficiles à confirmer de sources indépendantes.