ZIGUINCHOR (Sénégal)- Moment fort de la campagne pour la présidentielle du 26 février, le président sénégalais Abdoulaye Wade se rendait samedi en Casamance (sud), région en proie à une rébellion indépendantiste qu'il avait pourtant promis de régler en "100 jours" à son arrivée au pouvoir en 2000.
Le président Wade est arrivé par avion en fin de matinée à Cap Skirring, ville balnéaire de Casamance, où il a été accueilli par plusieurs centaines de ses partisans avec pancartes et affiches électorales aux couleurs de leur champion "Wade 2012".
"C'est nous qui avons élu Wade. C'est mon candidat, Dieu fasse qu'il soit réélu. Na tog! Qu'il reste!", s'exclamait parmi ces militants Astou Bodian dite "Mere Sopi", frêle vieille femme de 82 ans.
Dans la localité de Kabrousse, sous un soleil écrasant, des troupes folkloriques ont salué l'arrivée du convoi de M. Wade qui a rendu hommage à la prêtresse Aline Sitoé Diatta (1920-1944), figure de la résistance casamançaise aux colonisateurs français.
Militaires et gendarmes étaient très présents, sous l'oeil des habitants, touristes, et même d'observateurs de l'Union européenne. Le président était attendu dans l'après-midi à Oussouye, Bignona, puis Ziguinchor pour y tenir des meetings.
Alors que la campagne électorale pour la présidentielle du 26 février où M. Wade, 85 ans, brigue un troisième mandat, bat son plein, de nombreux Sénégalais profitent de l'occasion pour rappeler les promesses non tenues du chef de l'Etat sortant.
Lors de sa première élection en 2000, le président Wade s'était engagé à résoudre le conflit casamançais "en 100 jours". Douze ans plus tard, les attaques se poursuivent, alternant avec les périodes de relative accalmie.
Commencée en 1982, la guerre "oubliée" de Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, a fait des milliers de victimes, civiles et militaires, malgré plusieurs accords de paix entre Dakar et la rébellion indépendantiste du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), signés et aussitôt caducs.