LE CAP - L'Afrique du Sud veut faire de l'investissement, public et privé, la réponse au "triple défi de la pauvreté, de l'inégalité et du chômage", a déclaré jeudi le président Jacob Zuma, dans son discours annuel à la Nation devant le parlement au Cap.
Dix-huit ans après la fin de l'apartheid, "le triple défi du chômage, de la pauvreté et de l'inégalité persiste, malgré les progrès. Les Noirs, les femmes et les jeunes sont ceux qui souffrent le plus", a lancé le chef de l'Etat devant les parlementaires. Comme prévu, le discours présidentiel a été consacré essentiellement à l'économie, et aux moyens de relancer l'emploi dans le pays où près d'un quart des adultes sont officiellement au chômage.
Jacob Zuma a notamment annoncé un programme d'investissement public de 300 milliards de rands (30 mds euros) sur les sept années à venir. "200 milliards de rands seront alloués à des projets ferroviaires et le reste à des projets portuaires", a-t-il dit.
Le but est de favoriser l'activité minière, traditionnellement la première richesse du pays, et de stimuler les exportations en créant, d'une part, des axes de transports entres les régions industrielles et minières et la mer, et en augmentant les capacité portuaires du pays, d'autre part.
L'industrie minière est clairement considérée comme un gisement potentiels d'emplois. Et le gouvernement vient de rassurer les investisseurs en réaffirmant haut et fort qu'il n'était pas question de nationalisation, contrairement à ce que réclame à cor et à cri la Ligue de Jeunesse de l'ANC, le parti du président Zuma.
Ce dernier a d'ailleurs lancé un appel au secteur privé pour qu'il s'associe à l'effort collectif: "Le gouvernement seul ne peut pas résoudre tous les défis auxquels le pays est confronté, mais en travaillant ensemble, des solutions sont possibles (...) Pour l'année 2012, nous invitons la nation à se joindre au gouvernement dans un mouvement de développement massif des infrastructures".