ALGER - La vague de froid qui balaie l'Europe touche également l'Afrique du Nord: au moins 44 personnes sont mortes en une semaine en Algérie en raison de fortes chutes de neige et d'une baisse des températures et la presse est très critique envers les autorités.
Au moins 30 personnes ont péri dans des accidents de la route et 14 par asphyxie, due à des émanations de gaz, depuis le début des intempéries, selon le dernier bilan donné jeudi par la radio nationale Chaîne 3, citant la Protection civile. Le dernier bilan officiel s'établissait mercredi à 29 morts.
En Europe, la vague de froid a déjà tué plus de 500 personnes en une dizaine de jours. Après la surprise des premiers jours et l'espoir déçu d'un rapide redoux, la presse a accru ses critiques jeudi contre l'impréparation des autorités face aux milliers de foyers isolés par la neige et les pluies, privés d'électricité, de chauffage et de nourriture.
Première cible bien sûr le gouvernement: quarante-huit heures après le Conseil des ministres, sous la présidence du chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika, il n'a même pas évoqué ces intempéries dans son communiqué. "Ou êtes-vous Messieurs les ministres ?", titrait l'éditiorial du quotidien populaire arabophone Ecchourouk.
"Lors de leur dernière réunion mardi, les ministres ont préféré se concentrer sur les prochaines législatives et l'augmentation du nombre de strapontins au Parlement plutôt que sur la tempête de neige responsable de morts, de sinistrés, d'isolements de villages entiers à travers toute l'Algérie profonde", selon lui.
"Catastrophe et pas de programme d'urgence pour y faire face", dénonçait El-Khabar.
"Qu'attend le gouvernement pour proclamer l'état d'urgence une semaine après le début des intempéries qui continuent à assiéger 20 wilayas (sur 48 départements)?", s'interrogeait ce quotidien arabophone.