Le cap - Le gouvernement sud-africain a de nouveau cherché à rassurer les investisseurs mardi en excluant la nationalisation des mines que réclame à cor et à cri l'aile gauche du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir.
"Nous avons toujours maintenu que la nationalisation n'est pas la politique ni du gouvernement, ni du parti dominant. (...) Il n'y aura pas de nationalisation tant que je serai vivante", a souligné la ministre des Ressources naturelles, Susan Shabangu, devant le Mining Indaba, le plus grand salon mondial consacré au secteur minier.
Son adjoint Godfrey Oliphant avait tenu des propos fort semblables dès dimanche, tandis que le ministre du Plan Trevor Manuel a martelé lundi qu'une nationalisation des mines "ne serait pas une stratégie judicieuse".
"Le secteur minier est à ce point important comme plate-forme pour construire la transition (économique post-apartheid) que nous ne pouvons continuer avec cette idée de nationalisation", a précisé M. Manuel, un ancien ministre des Finances resté un membre influent de la cellule économique de l'ANC. "S'il doit venir un quelconque prophète de malheur qui ment encore, ne le croyez pas", a-t-il lancé.
Trevor Manuel faisait directement allusion au président des jeunes de l'ANC, Julius Malema, qui a donné des sueurs froides aux milieux d'affaires en réclamant sans relâche une nationalisation des mines sans compensation.
Le jeune tribun --qui a entraîné l'aile gauche du mouvement dans sa croisade-- estime que les fabuleuses richesses du sous-sol sud-africain devraient permettre de sortir de la misère les laissés-pour-compte du système, d'autant que les colonisateurs blancs se les étaient appropriées sans demander la permission aux population noires occupant le pays.
L'Afrique du Sud possède notamment 88% des réserves mondiales de platine, 80% des réserves de manganèse et 30% des réserves d'or, et aussi de riches gisements de diamants.