JOHANNESBURG - Le vice-président sud-africain Kgalema Motlanthe a lancé un appel à renoncer aux manifestations violentes qui ont
marqué le début de l'année, alors que le pays commémorait dimanche les massacres de Sharpeville et Langa où 69 personnes ont péri, il y a 50 ans.
"Le 21 mars 1960, les habitants de Langa et Sharpeville ne s'exprimaient pas en mettant le feu à des bibliothèques ou en pillant des bâtiments publics.
Au contraire, ils ont marché pacifiquement vers les postes de police pour se faire arrêter", a déclaré le vice-président devant des centaines de personnes rassemblées dans le stade de Sharpevillle, à 50 km au sud de Johannesbourg.
Depuis le début de l'année, plusieurs villes sud-africaines ont connu des affrontements violents entre la police et la population qui manifestait pour réclamer des services de première nécessité comme de l'eau potable, des logements ou l'électricité.
"Dans un contexte démocratique, je vous demande instamment de confier au gouvernement le soin d'utiliser les institutions démocratiques pour répondre à vos demandes et vos doléances", a ajouté M. Motlanthe. Auparavant, avec plusieurs membres du gouvernement ils avaient déposé une gerbe et assisté à une messe en l'honneur des morts du 21 mars, décrété en 1966, journée
internationale contre le racisme par l'ONU.
La police a indiqué que 29 personnes avaient été arrêtées au cours du week-end, après que le feu eut été mis à trois immeubles lors de manifestations qui ont commencé jeudi pour réclamer des services de première nécessité dans la province de Mpumalanga (est du pays). Samedi, des manifestants ont bloqué une route, lancé des pierres sur des véhicules et détruit des bâtiments et des
voitures de police, a annoncé le porte-parole de la police de cette province, Leornard Hlathi.
A Sharpeville et Langa, le 21 mars 1960, les policiers avaient tiré sur une manifestation pacifique de protestation contre la détention obligatoire du passeport en application d'une loi du régime d'apartheid.