ANTANANARIVO - Les membres de la Haute autorité de transition (HAT), soutenant le président Andry Rajoelina, veulent priver les personnalités de l’opposition du droit de quitter le territoire, ainsi que bloquer leurs comptes en banques locaux, en contrepartie des sanctions édictées mercredi contre le régime au pouvoir à Madagascar.
Dans un communiqué transmis dimanche à l’AFP, la HAT "préconise" un certain nombre de mesures contre les trois mouvances qui s’opposent à celle de M. Rajoelina. Parmi elles, "une interdiction de sortie de territoires des leaders des trois mouvances", et "un gel de (leurs) avoirs sur le territoire national".
La Hat réclame aussi "des poursuites à l’endroit de (l’ancien président Marc) Ravalomana, pour corruption, atteinte à la sûreté de l’Etat et haute trahison en connivence avec des factions extérieures". M. Ravalomanana, ainsi que Didier Ratsiraka, autre président en exil, seraient aussi frappés "d’interdiction de retour au pays".
Le document réclame en outre des mesures "à l’encontre de quiconque oeuvrant pour l’anarchie", notamment l’interdiction de tout manifestation "portant atteinte à la paix et à la sécurité publique" et "la cessation de tout processus d’ouverture ou de partage du pouvoir envers ceux qui ne visent que le blocage et l’enlisement de la crise".
La HAT, composée de politiciens ayant soutenu Andry Rajoelina au début de son mouvement, est aujourd’hui un organe essentiellement consultatif, et ces mesures de rétorsion à l’encontre de l’opposition devront être étudiées par la présidence et le gouvernement.
Cette annonce intervient deux jours après que l’Union africaine (UA) ait décidé d’imposer des sanctions à l'actuel président de Madagascar Andry Rajoelina, ainsi qu'à une centaine d'autres pesonnalités de son régime, dont les 37 membres de la HAT, pour leur entrave au processus de sortie de crise. Ces sanctions comprennent des refus de visas (interdiction de voyager) et le gel
d'avoirs financiers dans des établissements bancaires étrangers.
Elles sont justifiées par le refus d’Andry Rajoelina d’appliquer les accords consensuels signés à Maputo et à Addis Abeba courant 2009 et prévoyant un partage du pouvoir entre les quatre mouvances impliquées dans la sortie de crise.