KANO - Des unités de vigiles seront prochainement mises en place dans des zones rurales de l'Etat du Plateau (centre) où se sont
recemment déroulées des attaques meurtrières par des éleveurs musulmans Fulani afin d'en empêcher le renouvellement, a annoncé dimanche un responsable local.
"Nous avons recommandé aux différentes communautés de mettre en place des groupes de vigiles pour les aider à repousser d'éventuels raids d'éleveurs Fulani qui ont attaqué cinq villages au cours des deux dernières semaines", a déclaré Gregory Yenlong, un responsable local, joint au téléphone à Jos (centre).
"Ces groupes de vigiles seront enregistrés auprès de la police qui leur fournira des codes de conduite et supervisera leurs opérations car la sécurité est l'affaire de tout le monde", a déclaré M. Yenlong.
Ces vigiles, qui seront dotés de menottes et de sifflets pour donner l'alarme, viendront s'ajouter aux forces policières et militaires déjà déployées pour maintenir l'ordre dans la partie sud de Jos où des éleveurs Fulani ont attaqué des communités chrétiennes de Berom, a ajouté M. Yenlong. Le couvre-feu de douze heures imposé depuis janvier dans le centre du Nigeria dans la ville de Jos et ses environs à la suite d'incidents meurtriers qui ont fait des centaines de victimes a été allégé le 17 mars.
Mercredi, au moins 13 villageois chrétiens, dont des femmes et des enfants, avaient été tués en pleine nuit dans un autre bourgade à une quinzaine de kilomètres au sud de Jos par des éleveurs musulmans fulani.
Les violences dans le centre du Nigeria, à cheval sur les zones principalement musulmanes du nord et à dominante chrétiennes et animistes du sud du Nigeria, ont déjà fait des milliers de morts depuis 2001 dans ce pays le plus peuplé d'Afrique avec 150 millions d'habitants.