BOBO DIOULASSO - Le président burkinabè Blaise Compaoré a salué samedi à Bobo Dioulasso (ouest) la "qualité" des liens qui
unissent le Burkina Faso à la France, l'ancienne puissance coloniale, à l'occasion du lancement des festivités du cinquantenaire de l'indépendance.
"Il m'est particulièrement agréable, en ce jour, de saluer la qualité des liens qui nous unissent à la France, pays qui partage avec le Burkina Faso (ancienne Haute-Volta, ndlr) un héritage impressionnant au plan humain, linguistique et culturel", a déclaré M. Compaoré, au pouvoir depuis 22 ans. Mais en revenant sur le passé, il a déploré l'instauration d'un ordre colonial "destructeur des valeurs
culturelles et sociales".
Les quelque 5.000 personnes massées dans le stade Wobi de Bobo Dioulasso (365 km à l'ouest de Ouagadougou), ont chanté ensemble l'hymne national et applaudi des défilés de masques ou le passage de véhicules deux roues des années 1960, avant un impressionnant feu d'artifices.
Peuplée d'une soixantaine d'ethnies vivant en parfaite harmonie, la colonie de la Haute-Volta avait été créée en 1919 par la France qui l'avait ensuite démantelée en 1932 avant de la reconstituer en 1947. Le pays a acquis son indépendance le 5 août 1960. En 1966, un soulèvement populaire a renversé le premier président Maurice Yaméogo, avant une succession de sept coups d'Etat
militaires.
En 1983, de jeunes officiers révolutionnaires dirigés par le charismatique Thomas Sankara (1983-1987) prirent le pouvoir. Ce fut ce dernier qui, pour effacer la blessure coloniale, rebaptisa la Haute-Volta Burkina Faso (pays des hommes intègres). En 1987, M. Sankara avait été tué lors d'un coup d'Etat dirigé par son compagnon d'armes, le capitaine Blaise Compaoré, qui prit la tête de
l'Etat avant d'être élu en 1991, réélu en 1998 puis en 2005.