Lagos - Un groupe rebelle du sud pétrolifère du Nigeria a affirmé avoir attaqué un important oléoduc de la compagnie pétrolière Shell, dans un communiqué obtenu dimanche par l'AFP. Le géant anglo-néerlandais a assuré ne pas avoir d'information sur un tel acte de sabotage.
"La force patriotique du delta du Niger a réussi à mettre hors d'état de fonctionnement l'oléoduc appartenant à Shell dans le marécage d'Obunoma", selon le communiqué du Conseil Révolutionnaire Conjoint du delta du Niger (JRC).
Le groupe précise que l'attaque a eu lieu dans l'Etat de Rivers, dans le delta du Niger, et que l'oléoduc en question relie plusieurs stations au terminal d'exportation de brut de Bonny. "Nous n'avons d'information sur aucune attaque dans cette zone", a déclaré à l'AFP un porte-parole de Shell, Precious Okolobo.
Le JRC, un groupe qui n'a jusqu'à présent pas revendiqué d'attaque dont l'AFP ait eu connaissance, a été présenté dans le passé comme une organisation parapluie rassemblant plusieurs mouvements dans le delta du Niger.
Il affirme dans son communiqué agir avec "tous les nationalistes patriotes du delta du Niger" pour mener un combat "qui mènera à l'établissement d'un delta du Niger libre et indépendant". Le JRC avance aussi que "les combattants pour la liberté du Delta du Niger ont décidé de reprendre la lutte armée".
Ces déclarations ont été faites une semaine après l'annonce par le principal groupe armé de la région, le Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (Mend), de la fin de son cessez-le feu unilatéral décrété le 25 octobre. Après environ six mois de réelle accalmie dans cette région très riche en hydrocarbures où les compagnies pétrolières sont la cible d'attaques depuis 2006, les violences semblent de retour depuis quelques semaines.