LA HAYE - Bahar Idriss Abou Garda, un chef rebelle du Darfour, ne sera pas jugé pour l'attaque contre des soldats de l'Union africaine qui avait fait 12 morts en 2007, faute de "preuves suffisantes", a ordonné lundi la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.
"La Chambre a conclu qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes" pour établir qu'il est "pénalement responsable, en tant que coauteur ou coauteur indirect, des crimes qui lui sont imputés par l’accusation", a écrit la CPI dans un communiqué.
La décision de la chambre, prise à l'unanimité des juges, "n'interdit pas à l'accusation de demander ultérieurement la confirmation des charges si elle étaye sa demande avec des éléments de preuve supplémentaires", a-t-elle ajouté.
Le bureau du procureur de la CPI a annoncé qu'il allait interjeter appel de la décision. "Nous pensons avoir des preuves qui relient Abou Garda à l'attaque à Haskanita", a indiqué à l'AFP une porte-parole, Florence Olara.
Bahar Idriss Abou Garda, 47 ans, qui est à la tête du Front uni de la résistance (URF), était soupçonné de crimes de guerre pour avoir dirigé, selon l'accusation, une attaque dans laquelle 12 soldats africains membres des forces de maintien de la paix de l'Union africaine (UA) avaient été tués à Haskanita, dans le nord du Darfour, le 29 septembre 2007.
Le chef rebelle était le premier suspect à s'être présenté volontairement devant la CPI, le 18 mai 2009, et le premier à comparaître pour des crimes commis au Darfour, région occidentale du Soudan, sur lesquels le procureur enquête depuis 2005. Il avait nié toute responsabilité dans l'attaque au cours d'audiences destinées à examiner la solidité des accusations portées contre lui, du 19 au 29
octobre 2009 à La Haye.