Libreville - Le sommet de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cémac), ouvert samedi à Bangui, doit nommer un nouveau gouverneur de la BEAC, banque régionale ayant été récemment au coeur de scandales financiers, selon la presse présidentielle gabonaise.
Les chefs d'Etat des six pays membres de la Cémac "décideront (...) de la nomination d'une nouvelle équipe à la tête de la BEAC (Banque des Etats de l'Afrique centrale)", selon le récit du service de presse du président gabonais Ali Bongo diffusé par la télévision publique RTG1.
Fin octobre 2009, les ministres des Finances de la Cémac avaient annoncé que le Gabonais Philibert Andzembé quitterait au prochain sommet de la Cémac les fonctions de gouverneur de la BEAC qu'il occupe depuis juillet 2007.
Auparavant, le Gabon avait décidé de le rappeler "en vue de son remplacement", après la révélation de détournements d'ampleur à la Banque quelques mois après celle de placements à risques ayant mal tourné.
Fin septembre 2009, M. Andzembé a avoué que la banque avait perdu 16 milliards de FCFA (25 millions d'euros) dans des investissements hasardeux. Il avait aussi évoqué des détournements de fonds de 15 milliards de FCFA (22 millions d'euros).
Ces malversations révélées par l'hebdomadaire Jeune Afrique ont ensuite été confirmées par un rapport interne d'enquête de la BEAC, publié fin octobre. Selon ce document, 25 millions d'euros normalement dédiés au fonctionnement de la succursale de la banque à Paris et au règlement de factures de la BEAC ont été détournés par des employés entre 2004 et 2009.
Le sommet de Bangui, qui s'achève dimanche, doit aussi discuter de l'Accord de Fort-Lamy (actuelle N'Djamena) sur la répartition des postes au sein de la Banque, en vigueur depuis 1973, d'après la presse présidentielle gabonaise.
Au terme de cet accord, le poste de gouverneur revient au Gabon, celui de vice-gouverneur au Congo ou au Tchad et le siège central de la BEAC au Cameroun.
Les dirigeants de la Cémac "décideront (...) du maintien ou non de l'accord de Fort-Lamy qui consacre le poste de gouverneur au Gabon au détriment d'un poste rotatif", a affirmé la même source gabonaise.