10/11/02
Luanda
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Luanda, 08/11 - Le 1er décembre 1976, lorsque le jeune ministre des Relations extérieures, José Eduardo dos Santos, scelLait devant l`Assemblée générale de l`ONU l`acte formel d`admission de l`Angola à cette organisation, le pays se lançait ainsi dans la conquête du monde diplomatique, défendant une perspective active.
Il s`agissait, sans doute, de fermer, le premier cercle des conquêtes sur les fronts politico-militaire et diplomatique, propresd`un pays qui émergeait des cendres d`un mal du régime colonial etfasciste portugais enterré, dont le règne de 500 ans d`oppressions`est évanoui dans l`effervescente nuit du 10 novembre 1975.
Défavorable, pour l`Angola, toutefois la conjoncture polítique internationale était à la date des événements, un fait que l`ancienne puissance coloniale voulait mettre à profit pour "faire le Ponce pilate", comme était claire son aversion à reconnaîre la souveraineté du nouvel Etat naissant. Cette reconnaissance n`interviendra que le 23 février 1976, soit trois mois après l`exemple pionnier du Brésil.
Cette panoplie d`adversités, sur le plan international, s`est également répercutée au niveau de l`Afrique, où les successives tentatives d`admission du pays à l`OUA se sont toujours été heurtées aux thèses des défenseurs d`idéaux anachroniques pseudo-panafricanistes.
Toutefois, l`admission surviendra le 11 février 1976, quandsur le théâtre de la guerre rien ne pouvait soutenir ces arguments,une fois que les facteurs qui créaient des obstacles à la marchetriomphale du processus libérateur étaient finalement éliminés.
Dans cette perspective, l`ancien Président Agostinho Neto décide de jouer une carte diplomatique d`inégale maitrise et décisive pour la pacification de la situation encore volatile dans la zone septentrionale du pays, en allant sceller, lors de sa première visite mémorable en août 1978, à Kinshasa, capitale de l`ancien Zaire, actuelle République démocratique du Congo,la normalisation des relations entre les deux pays.
Malgré la relative détente militaire au nord, l`Angola continuait encore à se battre pour sa complète libération, tâche qui ne serait accomplie que le 27 mars 1976, avec le retrait total des forces d`invasion sud-africaines, grâce à une combinaison des pressions politiques, militaires et diplomatiques, réussie avec l`appui solidaire et fraternel de Cuba.
Toutefois, la plus importante et compliquée front politico-diplomatique de l`Angola restait ouverte, au niveau de l`Afrique australe: obtenir les indépendances du Zimbabwe et de la Namibie, et l`élimination du régime segrégationiste d`apartheid en Afrique du Sud. Ce desiderata a finalement été réalisé au début des années 80, dans une conjugaison de synergies de tous les pays indépendants de la région, qui s`étaient alors regroupés dans une "ligne de front", le germede l`actuelle Communauté de Développement de l`Afrique australe (SADC). Pour le cas de la Namibie, ce fût inégalable la perspicacitéavec laquelle l`Angola a géré son implication solidaire dans les négociations qui ont abouti à l`indépendance de ce territoire, sanstoutefois rénoncer au droit de sa souveraineté nationale.
Cela prouve la forme sous laquelle s`est déroulé le processus de la mise en oeuvre de la résolution 435/78 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la clé pour l`émancipation du peuple voisin, pourlaquelle on a prétendu établir un "linkage" avec le retrait simultanédes forces cubaines de l`Angola.
Toutefois, la facture que l`Angola a payé dans cette positiona été lourde en vies humaines sacrifiées et en infrastructures détruites, mais cela lui a valu ce prestige, qui a fait de l`Angola d`aujourd`hui l`un des Etats les plus respectés d`Afrique.
Du reste, l`on ne peut également nier la contribution actuelle de l`Angola à la résolution des conflits armés et à la recherche des voies pour l`apaisement des tensions en Afrique australe et centrale, un fait que le continent reconnait et considère comme exemplaire pour éliminer des conflits et des désordres dans d`autres régions du continent.
Dans la conduite des relations extérieures du pays, durant cette période d`effervescence politique, ont émergé des figures commePaulo Teixeira Jorge et Venâncio de Moura, qui ont toujours vu, en lapersonne du Président José Eduardo dos Santos le timonier des mérites obtenus par le pays à l`étranger.
Cette génération sacrifiée des diplomates a sû, non seulement, conduire avec brio, maitrise et cohérence les "fronts" de lutte contrel`apartheid,en vue de la libération de l`Afrique australe, mais aussibâtir les fondements pour le respect de la souveraineté extérieure dupays, même s`ils ont eu comme opposants certains des plus éminents etspécialistes diplomates de l`époque.
Ces succès accumulés ont valu à l`Angola l`admiration et le respect, aujourd`hui évidents dans tout organisme ou organisationinternationale, où le pays est pointé comme un rempart et un exemplede succès dans la gestion et résolution d`un conflit interne quela propre Communauté internationale n`a pu mettre fin.
En 27 ans d`indépendance, l`Angola a aussi élargi, diversifié et consolidé ses relations d`Etat avec d`autres pays, a adhéré et ratifié des conventions et traités internationaux, tout en devenantégalement membres de divers organismes, institutions et organisationsde toute nature.
Vers la fin de l`an 2002, en plus du retablissement de la paix, l`Angola a connu deux faits mémorables et de grandeportée historique comme pays indépendant: la présidence de la SADCet son élection, à la majorité écrasante, comme membre non permanent du Conseil de Sécurité de l`ONU.
C`est une prouesse. Par Mario Pedro
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